Interview Nikkei Entertainment (2001)

 

ayumi_hamasakik_nikkei_entertainment_2001_05_coverNikkei Entertainment : Vous avez commencé à composer avec les trois chansons« M » , « evolution » et « Never Ever »

 

Ayumi Hamasaki : Oui , ce sont mes chansons, donc je ne peux pas justes le écouter de loin. Mais aujourd’hui encore je n’ai pas beaucoup confiance en mon habilité à composer. Ou plutôt, c’est comme si je venais juste de commencer.


NE : Quelque chose a-t-il provoqué votre désir de composer ?

 

AH : Par exemple, si vous mettez le mot Japonais pour « mot », « kotoba » en musique ça devient « ko-to-ba » n’est ce pas, ? Mais si c’est la musique de quelqu’un d’autre, et même si je voulais vraiment mettre « kotoba » à une certaine place, les notes ne marchaient pas et ça ressortait mal. Jusqu’ici il était rare que mes premiers choix de mots fonctionnent avec la mélodie, et je devais souvent changer pour des mots différents. Mais maintenant si je veux utiliser un mot en particulier ,depuis que je peux penser comment il sonne et le mettre moi-même dans une mélodie, c’est un sentiment agréable.


NE : Y’a-t-il une occasion particulière ou direct qui vous a poussé a le faire vous-même ?

 

AH : Avec « M » nous avions réuni beaucoup de musique mais aucune de m’avais frappé. J’ai réalisé, qu’en essayant d’expliquer en gros au compositeur « Je veux quelque chose comme ça, avec ça… »etc. , c’est comme si je savais très bien ce que je voulais donc c’était mieux que je le fasse moi-même.


NE : Comment faite vous votre musique ? En fredonnant ? Ou utilisez vous des instruments ?

 

AH : Je pioche dans tout.

Ce qu’elle a voulut dire dans son album Duty


NE : Quand « Duty » est sorti, votre premier album , « A song for xx » était un travail autobiographique , et votre second album « LOVEppears » chantait l’amour…Vous avez dit que le thème de cette album était « les gens ».

 

AH : A ce moment, je ne voulais probablement pas faire un autre album comme « A song for xx » , ni comme « LOVEppears ». Il y a des choses que je suis heureuse de savoir et d’autre que je souhaite ne pas connaître. Je pense que dans tout cela, ce que je dis au monde maintenant n’est pas « Hey ! C’est moi ! » le temps ou je disais « Hey , écoute, c’est moi » et attendre que les gens se retournent et regardent ce qu’était A song for xx. Maintenant, tout le monde me regarde, je ne dois pas me contenter de capter leur intention mais de me concentrer sur ce que je leur dis. Je veux dire que les nombreux adultes et enfant m’observent comme s’ils regardaient à travers moi.


NE : Dans la chanson portant le nom de votre troisième album « Duty » vous chantez « Je pensais que ce que je cherchais était dans le futur , mais il était en réalité dans le passé ».On a l’impression qu’il y a du désespoir et de la résignation qui pèse en vous.

 

AH : Avant de faire Duty, Je me sentais toujours désespérée. Mais après l’avoir fait, j’ai réalisé que je devais juste arrêter ça. Ce n’est pas un changement complet dans mon cœur mais il n’y a plus de désespoir.


NE : J’ai eu le sentiment que vous étiez consciente des crises dans le monde aujourd’hui. Par exemple il y a des enfants qui commettent des crimes, traînent dehors ect. Comment voyez vous les enfant de 15-17 ans ?

 

Pas particulièrement ces enfants, mais je pense que quelqu’un à « lâcher » le frein. Les choses vont trop vite. Même pour les artistes. Ils arrivent et tout le monde devient fou , puis soudainement , disparaissent et tout le monde veut une nouvelle personne.
C’est pareil avec les choses. Récemment j’ai beaucoup pensé que quelqu’un devait stopper cet excessif et rapide écoulement du temps.


NE : Nous sommes les seuls qui croyons au pouvoir du divertissement. Il n’y a pas moyen d’être stoppé par les politiques. Avez-vous, vous-même, été sauvé par le divertissement, musique, film ou livre ?

 

AH : Huummm…Je suppose que j’ai été « sauvée » par les gens qui sont proches de moi. Je suis beaucoup influencée par ce que je peux voir de mes propres yeux, ce que je peux ressentir je peux y croire. Mais c’est dur de croire quand quelque chose comme la musique et le cinéma viennent entre ces personnes et moi.
Du point de vu des jeunes, il y a peut être beaucoup de choses mystérieuses à propos de moi. Je pari que qu’il y a beaucoup de gens qui se demandent « Mais qu’est ce qu’elle peut bien manger ? » Mais tout le monde sent les choses à travers les média donc j’espère que c’est la « vraie moi » qui est communiqué, même juste un peu, aux gens.


NE : Y’a-t-il quelque chose que vous êtes résolue de faire ?

 

AH : Seulement de ne jamais dire de mensonge. Je ne suis pas le genre de personne qui crois que « demain sera un jours meilleur ». Je suis souvent tourmentée et je suis souvent invitée à faire des chansons enjouées et énergiques. Mais je ne veux pas dire « C’est toujours demain » si je ne le crois pas.


NE : Dans une interview précédente, vous aviez dit « je n’ais pas de rêve »Cela t’il changé ?

 

AH : Non, ça n’a pas changé


NE : Vous êtes grimpé jusqu’au sommet. Vous êtes arrivé a un point ou vous devez accéder au prochain niveau. Qu’est ce que vous allez faire a présent ?

 

AH : Honnêtement, maintenant je me sens dans le néant. J’avais un but, et jusqu’à présent mon regard était uniquement fixé sur les récompenses. Quand j’étais en train de me rapprocher de ce but, c’est comme si tout brillait et semblait détaché de la réalité, c’était quelque chose que je ne pouvais pas atteindre. Mais maintenant que je l’ai fait, c’est juste une extension de la réalité. C’est probablement ce qu’est ce point dans le temps.
J’ai mis beaucoup de choses dans mes poches et j’ai travaillé aussi fort que j’ai pu, mais en fait, je suis passé à coté de beaucoup de chose et je ne l’avais même pas réalisé. C’est pour quoi aujourd’hui j’ai le sentiment qu’il me manque quelque chose.


NE : Aujourd’hui, la vie des adolescents est vraiment vide. Il n’y a pas de bon model, à part peut être vous. Ca n’est pas votre mission, mais depuis que vous êtes arrivée au top j’aimerais vous voir essayer de l’être.

 

AH : Merci beaucoup.

 

Interview publiée dans le magazine Nikkei Entertainment en Juin 2001

Traduction anglaise : wataru

Traduction française : 
Linza

(Prière de ne pas prendre cette traduction avec ou sans crédit)